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SABINE WEISS

L’art du souvenir !

Ce n’est pas une mais trois expositions que nous offre Sabine Weiss jusqu’au 15 avril. Cette photographe que l’on qualifie d’humaniste nous livre ainsi un témoignage intime et émouvant du siècle dernier et des pays qu’elle a traversés. 

N’ayons pas peur des mots : cette triple exposition de Sabine Weiss est exceptionnelle ! Quelque 200 photographies sont présentées depuis début février et jusqu’au 15 avril à Orléans et Olivet. Des clichés en noir et blanc qui donnent à voir l’étendue du travail de l’artiste, l’agilité de son regard unique et la densité de ses 75 ans de carrière…

Les portraits de personnalités – Giacometti, Ionesco, Miro, Bardot, Moreau, l’abbé Pierre… – côtoient ceux d’illustres inconnus croisés au fil de ses voyages. Travaillant pour la publicité, la mode et la presse, Sabine Weiss a sillonné le monde, de l’Europe à l’Inde en passant par les États-Unis ou encore Taïwan. De commandes en reportages, celle qui a « toujours su se plier à toutes les situations » en profite pour approfondir sa démarche photographique, empreinte de curiosité, de simplicité et de bienveillance, où le sens de la composition révèle l’humanité des sujets.

Car Sabine Weiss n’aime rien tant que photographier les gens. Se rappelant un voyage à La Réunion, elle raconte n’avoir « pris qu’une seule photo de paysage, un arbre », préférant immortaliser les habitants et explorer leurs coutumes. L’artiste a le don de capturer l’instant. « Je vois une scène, je sors mon appareil et je prends la photo. »

Femmes, hommes, passants, mendiants…, des personnages de tous âges illuminent ses photographies. Les enfants, notamment, font des sujets « merveilleux ». « Je m’amusais parfois à les mettre au défi », confie-t-elle. Elle saisit ainsi des instants de vie, un mouvement, un regard, une attitude, un baiser. Comme ce cliché de quatre jeunes gens sur un banc, intitulé Et ils échangèrent leurs partenaires. Quand l’on s’enquiert de savoir si le titre dit vrai, Sabine Weiss sourit : « Mais oui ! J’ai assez d’anecdotes à raconter pour ne pas en inventer… »

À 93 ans, cette photographe de la famille des « humanistes » – « c’est un terme nouveau, conteste-t-elle, à l’époque, on était juste photographe » – a une mémoire vive. Elle se souvient notamment de ses clichés pris à Paris, « pour le plaisir ». Nous sommes en 1946, Sabine Weiss a 22 ans et vient de débarquer en France, quittant sa Suisse natale où elle vient d’obtenir son diplôme de photographe. La rue et le terrain vague près de chez elle, où les gens ont l’habitude de se retrouver, deviennent son théâtre de prédilection. « Mes photographies montrent ce que j’ai vu et qui a disparu. Tout a tellement changé. Sur n’importe quelle photo, le moindre détail est aujourd’hui différent. »

Trois lieux, trois expositions :

– Une vie de photographies / Rétrospective de 120 photographies grand format
Collégiale Saint-Pierre-le-Puellier – Orléans


– Les voyages de Sabine Weiss /
40 photographies grand format
Le long des grilles du parc du Poutyl – Olivet


En toute intimité 50 photographies sous cadre 40×50 et 50×60
Galerie Le Garage – Orléans
www.orleans-metropole.fr